Deux cas de lucidité

Publié le par Muse

Deux cas de lucidité

Lucidité

Deux cas de lucidité tirés du livre de Gustave Geley, Ectoplasmie et Clairvoyance. Le docteur Geley s'intéresse s'intéresse aux phénomènes de lucidité, de prémonition et de somnambulisme. Voici deux cas de lucidité tout à fait étonnants, une auto-prémonition de mort puis une clairvoyance très précise de l'avenir d'une Pologne en guerre avec la Russie.

Le cas de Jean Vitalis, auto-prémonition de mort

Jean Vitalis, âgé de trente-neuf ans, vigoureux et sain, sans aucune tare organique, fut atteint de rhumatisme articulaire aigu et soigné par le Docteur De Sermyn. La maladie suivait son cours : la plupart des articulations étaient enflées et très douloureuses. Le malade avait une forte fièvre. 
Un matin, à sa visite quotidienne, le Docteur De Sermyn fut stupéfait de trouver le malade guéri, habillé, plein de gaieté et d'entrain. Ce dernier raconta au docteur, ahuri que son père, mort, lui était apparu pendant la nuit, l'avait touché partout « pour enlever ses douleurs et sa fièvre » ce qui avait réussi, et l'avait quitté en lui annonçant qu'il mourrait sans souffrances, le soir du même jour, à 9 heures. 
Dans la journée, Jean Vitalis ne présenta aucun trouble morbide. L'examen clinique du docteur fut entièrement négatif ; il n'avait, en particulier, aucun symptôme de rhumatisme cérébral. La fièvre avait totalement disparu. 
Jean Vitalis, se sentant un gros appétit, se fit servir un bifteck aux pommes qu'il dévora et passa le temps à mettre de l'ordre dans ses affaires, n'ayant pas le moindre doute sur la réalisation de la prédiction, en dépit des efforts des amis et de sa famille, pour changer le cours de ses idées. 
Dans la soirée, en compagnie de ces derniers et du docteur, il continua à causer, jusqu'à ce qu'il vit l'horloge marquer 9 heures moins une minute. Alors il dit « L'heure est venue ! » Il embrassa les siens, fit ses adieux à tous, s'étendit tranquillement sur sou lit, dit encore : « Adieu ! Adieu !» et ne bougea plus. 
Le docteur crut en ce moment à une plaisanterie macabre et s'approcha du « simulateur ». Mais Jean Vitalis était mort, mort sans un râle, sans un soupir, comme jamais le docteur n'a vu mourir personne. 

Rapporté par le docteur De Sermyn[1]

Le cas de Madame Przybylsaka, lucidité dans l'avenir, prédictions intégralement réalisées avec détails précis

Des prédictions extraordinaires ont été faites dans le cours de la dernière guerre russo-polonaise, par un médium auditif, Mme Przybylska.  Guerre entre les russes et les polonaisMme Przybylska n'est pas médium professionnel ; elle ne donne que des séances privées, en présence de quelques amis. Elle « entend » les messages qui lui sont transmis, en dit à haute voix le contenu, que les témoins enregistrent, au fur et à mesure. Toutes les communications qui vont suivre out été lues et contresignées par les membres du Comité central de la Société d'Études psychiques de Varsovie, de suite après les séances de Mme Przybylska, très longtemps avant la réalisation des événements prédits. 

C'est ainsi que le premier message, obtenu le 10 juin 1920, fut lu à la séance du Comité central du 16 juin 1920, sous la présidence de M. P. Lediedzinski, président. Il eu fut ainsi pour tous les messages, dont la réalité est attestée par des témoins nombreux et compétents. Ces prédictions ne sont jamais vagues ou équivoques. Elles ont, au contraire, une précision extraordinaire. Les détails, les noms de lieux, les noms de personnes, parfois les dates sont rigoureusement exacts. Les événements annoncés, fastes ou néfastes, étaient le plus souvent tout à fait inattendus. Comme on l'a déjà constaté dans d'autres cas de lucidité dans l'avenir, les événements sont indiqués, le plus souvent, au présent et non au futur ; comme si le visionnaire en était témoin. 
Le premier des documents qui vont suivre, fut obtenu le 10 juin 1920, dans une séance privée donnée par le médium, en présence des comtesses Marie et Jeanne De Walewska. Il fut lu au Comité central de la Société d'Études psychiques, nous le répétons, le 16 juin 1920. A cette époque, les Polonais semblaient entièrement vainqueurs. Ils occupaient une partie importante de la Russie occidentale et étaient entrés victorieusement à Kiew. Les Bolcheviks étaient partout en pleine retraite. Le 9 juin, la ligue de la rivière Socha avait été forcée, et le 10 fut annoncée officiellement la grande victoire de la Bérézina. Le message reçu causa une véritable stupeur en même temps qu'un sentiment d'incrédulité absolue. 

Nous mettrons à la suite des messages successifs, les événements réalisés :

Message du 10 juin 1920

« Le Conseil des ministres n'est a pas encore formé, mais vous ferez tôt ou tard la connaissance de Witos. Quels malheurs! Quels désastres ! Que de morts sur le champ de bataille! Un désastre de vos troupes. Ce mois-ci, un grand changement du Conseil des ministres. Witos sera premier ministre. Un homme plus grand que vos ministres vous propose son amitié et son aide. Changement du tout au tout au mois d'août. L'arrivée d'un étranger avec lequel Pildzuski tient conseil à une grande influence. Les grèves systématiques seront terminées. Vous verrez que vos malheurs changent vers la moitié du mois d'août, mais, jusqu'à ce moment, du malheur de tous côtés[2]. »

Événements réalisés

Le désastre prédit et totalement inattendu ne tarda pas, hélas! à se réaliser. Le 28 juin commença l'offensive générale des Bolchevicks sur le front du nord. Le 8 juillet, la ligne de la haute Bérézina était forcée (550 kil. de Varsovie). Minsk fut pris le 12 (480 kil. de Varsovie). Wilna fut pris le 16 (400 kil. de Varsovie). Lida le 18 (350 kil.) Enfin, les 13 et 14 août eut lieu l'attaque de Varsovie et, le 15, la bataille commença à tourner en faveur des Polonais. Le 18, la victoire de la Vistule était complète et les hordes asiatiques en pleine déroute. Mais, jusqu'au 15 août, l'armée polonaise ne connut que des malheurs. L'arrivée d'un étranger (le général Weygand), son entente avec Pildzuski, eurent, comme il est dit dans le message, une grande importance pour le salut de la Pologne. C'est bien au milieu d'août (exactement le 15 août), que la victoire changea de côté. Au point de vue de la politique intérieure, M. Witos, jusqu'alors à peu près inconnu, fut en effet nommé premier ministre, le 24 juillet 1920.

Message du 6 juillet, lu au Comité central, le 12 juillet

« Grand malheur. Sous peu, on vous donnera l'ordre de quitter la rive droite de la Vistule. Tout ce mois-ci, des désastres. La puissance de Lénine grandit. Un flot d'hommes envahit votre pays. Vous abandonnez vos champs. Mais soyez sans peur. Je bénis votre ville. Le malheur est seulement sur la rive droite de la Vistule et tout changera au mieux. » Les assistants posent alors la question suivante : 
« Les Bolchevicks entreront-ils à Varsovie ? » 
Réponse : « Varsovie n'est pas sur la rive droite. Ils n'entreront pas à Varsovie. »

Événements réalisés

Les événements se réalisèrent point par point. L'invasion de la Pologne par les hordes bolcheviques commença et se poursuivit sans relâche.

Message du 12 juillet, lu au Comité central le 21 juillet

« Minsk, Kowel, Wilna sont pris. Près de Kowel, beaucoup de riches sont fusillés. Des nouvelles affreuses arrivent de la province. Mais tout cela changera dans un mois. La foule de vos défenseurs grandit...Juillet fini, votre force sera plus grande que celle des Bolchevicks. Ils envahiront vos terres ; malheur affreux ! Mais les troupes de Lénine sont dispersées au mois d'août. Le grand changement, c'est le 15 août. Une joie, un rayon : c'est l'oeuvre de votre plus grand ami. Votre mot d'ordre, à présent, c'est : union de tous et comptez sur vos propres forces. Cela aura une grande influence sur la conférence de paix. »

Événements réalisés

Minsk, Kowel, Wilna, furent pris dans les semaines qui suivirent. C'est exactement le 15 août que la victoire changea de côté et que Varsovie fut sauvée.

Message du 21 juillet

« Un visiteur de Paris vous apporte un changement inattendu. Votre patriotisme, votre héroïsme, font une grande impression sur lui. De grands changements au mois d'août. Votre force, c’est la victoire de Kowel et Kovno. Un désaccord entre les chefs bolchevicks et un grand changement inattendu.Vous leur reprendrez, non seulement vos terres abandonnées, mais leurs canons et une foule de prisonniers. Une grande victoire du côté de Wilna et de Lida. Wilna sera occupé par vos troupes encore plus vite qu'il ne fut abandonné. »

Evénements réalisés

Tous ces événements se réalisèrent. Après la victoire de la Vistule eurent lieu les victoires de Kowel et de Kovno, de Wilna et de Lida. La déroute des Dolchevicks fut complète. Ils perdirent la majeure partie de leur artillerie et abandonnèrent plus de 100.000 prisonniers. Le 1er août, le médium partit pour Zakopane, petite station climatique dans la région montagneuse. Les communications furent envoyées par la poste à la Société d'Études psychiques, lues et contresignées par ses membres. Les cinq messages qui suivent furent reçus par le médium à Zakopane, en présence du Docteur Sochacki, de M. Cienski et de Mme Cienska, de Mme Abgarowicz, du comte Dzieduszycki et de la comtesse Dzieduszycka.

Message du 6 août à Zakopane

« La Russie est victorieuse et les plus grandes forces sont du côté de Minsk et de Terespol. L'armée polonaise est en déroute de tous côtés. Tout à coup, une aide de la part de la France, et une grande joie, le 15 août. Varsovie ne sera pas prise. Votre armée dispersée s'amasse. Grandes victoires des Polonais. Les soldats des Soviets sont dispersés et chassés. Tu sais que Varsovie est au désespoir. Tous les alentours de Varsovie sont occupés par les ennemis. Chaque jour apporte des nouvelles affreuses. Ou attend les Bolcheviks à Varsovie ; mais la peur se changera en joie. »

Evénements réalisés

point par point.

Message du 13 août 1920

(Au moment des pires angoisses. on disait à Zakopane que Varsovie était déjà occupée par l'ennemi). « Grands changements. La France vous vient en aide. On a chassé les Bolcheviks de la ville de Przsnyss. Votre vieux chef prend lui-même les armes et vous conduit à la victoire. C'est le lundi après le 15 août. L'ennemi ne prendra pas votre ville. Vous êtes forts. Attendez jusqu'à lundi. Ne vous désespérez pas. Sept journées encore et vous aurez de grandes victoires. Votre amour de la patrie, votre héroïsme et le miracle de la Sainte-Vierge ont sauvé la Ville. Priez la Sainte Vierge qu'elle vous donne la force d'attendre ces sept jours. »

Événements réalisés

Réalisation exacte.

Message du 14 août 1920

« Quelle joie! Les troupes ennemies sont dispersées ! »

Événements réalisés

L'événement n'était pas encore réalisé, mais il était imminent.

Message du 15 août 1920

« Une provocation et un malheur à Dzialdowo (Soldau). Il y a une fraude de la part des Prussiens et des Bolchevicks. Varsovie rayonne, soulevée comme par la foudre et régénérée. Elle a une force miraculeuse. Comme elle combat ! Le monde entier la regarde et admire sa victoire ! Aujourd'hui, c'est le grand changement : un pont enlevé du côté de Modlin ; demain un nouveau rayon d'espoir ; et après demain, quelle joie! quel espoir! Votre pays est délivré des ennemis plus vite qu'on aurait pu le croire. Les Bolcheviks tachent d'entourer Lemberg. Ils passent le fleuve Stripa. Mais, je répète, ils ne prendront pas Lemberg. Les Bolchevicks ont juré qu'ils seraient à Lemberg le mardi matin, mais ce n'est pas vrai : l'armée de Budienni est dispersée près de cette ville. »

Événements réalisés

Impossible d'être plus exact et plus précis. Tout, absolument tout est vrai ; les détails et phases de la bataille de la Vistule, l'alerte sur Lemberg, la complicité des Prussiens à Soldau laissant passer les hordes en déroute par la Prusse orientale. A remarquer l'ordre inverse de ce dernier épisode, décrit en premier lieu.

Message du 19 août 1921

« Dans un mois de grandes victoires et un nouveau désastre des Bolchevicks. Défaite complète des ennemis.

Evénements réalisés

Ce fut en effet la victoire de Rovno. 

On le voit, par la précision extrême et la vérité des détails, cette prédiction peut être rapprochée de la prédiction Sonrel sur les guerres de 1870-71 et 1914-1918. Elle mérite de prendre place dans nos preuves classiques de lucidité dans l'avenir. 
Les notes sur ce remarquable document ont été recueillie par la Société polonaise d'Études psychiques.

 

[1] Consulter Dr De Sermyn : Contribution à l’étude de certaines facultés cérébrales méconnues – Bozzano : Des phénomènes prémonitoires et surtout du professeur Richet : Traité de métapsychique

[2] Cette prédiction fut communiquée à Paris, bien avant la réalisation des événements, à M. Jules Roche et au Docteur Geley.

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