Mémoires d'un suicidé

Publié le par Muse/CAK

 

Suite à de nombreux courrier, j'ai voulu reprendre ce thème.

Qui d'entre nous n'a pas perdu une personne chère à notre coeur par la voie du suicide?

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Cet ouvrage de 695 pages est un véritable chef d’oeuvre offert par l'Esprit Camilo Cândido Botelho, sous l'orientation de Léon Denis qui signe la préface de la 2ème édition, à la très estimable médium Yvonne A. Pereira.

Le choix d'un passage en fut difficile tant cette oeuvre est riche d'enseignements, même pour celui qui ne se sent pas forcément concerné par le problème du suicide.

Pour preuve, l'extrait choisit traite de l'épineuse question, que nous nous posons tous à un moment ou un autre, de l'importance de notre libre arbitre et de notre responsabilité face aux sages conseils que nos guides ne manquent pas de nous donner.

**********

Un Esprit suicidé, Jérôme, recueillit par l'hôpital Marie de Nazareth où il peut reprendre force et courage pour comprendre ses égarements avant de travailler à sa réhabilitation, est impatient d’avoir des nouvelles de sa famille laissée sur terre.

Les assistants acceptent de l'emmener voir le frère Théocrite, directeur de la noble institution, pour qu'il puisse lui exposer son désir. Extrait des pages 115 à 119 :

 

«- Monsieur ! Avec tout le respect que je dois à votre autorité, je demande votre commisération !... Il s'agit d'une visite rapide... je vous donne ma parole d'honneur que je reviendrai... de plus, je sais que je ne suis qu'un prisonnier... »

répliqua encore le vieil impatient, se perdant à nouveau dans les confusions mentales où il prenait plaisir à s'enliser.

- Et pourtant, même ainsi, je ne peux approuver la réalisation de ce désir au moment ou tu proclames qu'il est juste...

Réprime un peu plus les impulsions de ton caractère, mon Jérôme !

Apprends à dominer tes émotions, à retenir tes angoisses, fais-en des aspirations équilibrées sous la sainte protection de l'espoir !

Souviens-toi que ce furent de telles impulsions, déséquilibrées, basées sur le manque de résignation, sur l'impatience et le désordre des sens qui t'ont poussé à la violence du suicide !

Oui, tu vas voir tes enfants !

Néanmoins, pour ton propre bien, je te demande d'accepter de reporter ton projet à quelques mois... quand tu seras mieux préparé à affronter les conséquences qui se sont précipitées après ton geste déséquilibré !

Accepte, Jérôme, de te soumettre au traitement nécessaire à ton état et que tes compagnons s'infligent vaillamment à s'en remettre aux serviteurs loyaux qui souhaitent tous vous aider avec amour et dévouement !

Accepte l'invitation à la réunion de ce soir, car tu gagneras d'immenses bénéfices... alors qu'une visite sur terre en ce moment, le contact avec ta famille dans les conditions précaires où tu te trouves, serait en opposition avec les doux plans déjà élaborés pour te conduire à la nécessaire réorganisation de tes forces...

- Mais... Je ne saurai trouver la sérénité pour de tels projets tant que je n'aurai pas les informations désirées, Monsieur !...

Oh, Dieu du Ciel ! Ma petite Marguerite, ma cadette, qui est restée là-bas, à l'âge de sept ans, si blonde et si jolie !...

- T'es-tu déjà souvenu de faire appel à la grandeur paternelle du Seigneur Tout-Puissant afin d'acquérir les forces de la résignation pour une attente plus prudente qui serait couronnée de succès ?...

Nous voulons ton bien, Jérôme, notre désir est de t'acheminer à la situation qui t'offrira une trêve pour la réhabilitation qui s'impose...

Retourne à marie de Nazareth où tu as été accueilli...

Il faut que tu fasses preuve de bonne volonté pour t'élever au bien !

Pratique la prière... Cherche à communiquer avec les vibrations supérieures capables d'animer des entreprises rédemptrices...

Il est indispensable que tu le fasses librement et spontanément, car nous ne pouvons t'obliger à le faire, ni ne pouvons le faire pour toi...

Renonce, donc, à ce projet contradictoire et aie confiance en nous qui désirons t'aider et te protéger...

Mais l'ancien commerçant de Porto était irréductible.

Ce caractère rebelle et violent, qui, dans un élan funeste, avait préféré la mort à devoir lutter pour corriger et vaincre son adversité, rétorqua impatient, ne comprenant pas la sublime charité qu'il recevait :

- Je confierai, M... frère Théocrite...

Je vivrai en rampant à vos pieds s'il le faut !... mais après avoir revu mes chers êtres et avoir pris connaissance des raisons de leur abandon, apaisant, d'une certaine manière, les nostalgies qui me déchirent...

Accomplissant son devoir de conseiller, Théocrite compris qu'il était inutile d'insister.

Il dévisagea son protégé en larmes et murmura tristement tandis que Roméo secouait la tête, peiné :

- Tu affirmes une grande vérité, pauvre frère !

Oui !

Seulement après !

Seulement après tu trouveras le chemin de la réhabilitation !... Il est des natures que seules les dures pointes de la douleur sont suffisamment puissantes pour corriger et aider à trouver le chemin du devoir !...

Tu n'as pas encore assez souffert pour te souvenir que tu descends d'un Père qui n'est que miséricorde !...

Il le laissa réfléchir quelques instants, puis il ajouta :

- Nous pourrions éviter cet incident, empêcher ta visite et punir ton attitude.

Nous en avons l'autorité et le pouvoir.

Mais tu es encore trop matérialisé, tu souffres trop des préjudices physiques pour pouvoir nous comprendre !...

D'ailleurs, nos méthodes persuasives et libérales seraient incompatibles avec une interdiction intransigeante, aussi en harmonie qu'elle soit avec la raison...

Néanmoins, je dois consulter nos instructeurs du temple, comme c'est l'usage, face à un dilemme comme celui que tu viens de poser...

 

Il se concentra fortement, puis se retira dans une pièce secrète contiguë au cabinet de consultation.

Télépathiquement, il entra en contact avec la direction de l'institut qui régnait sur le temple et, après un court laps de temps, il revint et lui transmit la décision finale :

- Nos guides supérieurs te laissent libre de choisir.

Cependant, une entité dans ta condition ne peut jouir de la liberté naturelle de l'Esprit libéré des liens charnels, tout comme tu ne peux être forcé à des devoirs qui te répugnent.

Tu visiteras les êtres qui te sont chers sur terre...

Tu iras donc au Portugal, à Porto où tu habitais, et à Lisbonne, comme tu le désires... et comme la tendresse paternelle du Créateur aide à retirer, très souvent, d'un acte imprudent ou condamnable un exemple salutaire pour le délinquant lui-même ou pour ses observateurs, je suis sûr que ton inconséquence ne te sera pas inutile, ni ne cessera d'être une source d'avertissement pour tous ceux qui sont de bonne volonté et en prendront connaissance.

Attention, néanmoins, à cela mon cher Jérôme : en cessant d'accepter nos conseils et en te rebellant contre les règlements de cet institut, tu commets une erreur dont les conséquences retomberont sur toi.

Cette visite sera réalisée sous ton entière responsabilité !

Elle n'est pas autorisée : c'est ton libre arbitre qui l'impose !

Si, par conséquent, ton mécontentement dépasse tes capacités de souffrance, tu ne pourras t'en prendre qu'à toi-même, puisque nos efforts ne servent qu'à adoucir les malheurs et à les éviter quand ils sont inutiles... pour cela, nous cessons de fournir les nouvelles désirées grâce aux moyens dont nous disposons... car en vérité, il n'était pas nécessaire de t'éloigner d'ici pour les obtenir...

Il se tourna vers l'assistant et poursuivit :

- Préparez-le à partir... Satisfaites ses caprices sociaux sur terre... car bientôt la terre l'ennuiera...

Qu'on le laisse agir comme bon lui semble...

La leçon sera amère, mais elle permettra une prompte compréhension et donc de plus rapides progrès...»

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